Développement économique et viabilité environnementale vont de pair. C’est pourquoi Rogers exprime sa volonté de contribuer à une gestion plus durable de l’environnement côtier et marin de l’île Maurice, qui est soumis à une forte pression, principalement due à l’activité humaine. Cet engagement s’exprime sous la forme d’un apport financier sur cinq ans pour appuyer une démarche cohérente et soutenue dans le temps, fondée sur une méthodologie rigoureuse qui a déjà fait ses preuves dans la lutte contre le VIH/Sida.

photos : deeneshen sabapathee | françois rogers | air mauritius rogers image bank | reef conservation | frédérica image bank

Il nous faut veiller à ce que les océans continuent de répondre à nos besoins sans pour autant compromettre ceux des générations futures. En effet, ils jouent un rôle de régulation du climat de la planète et constituent une source importante de nutrition. Ils offrent aussi des voies de passage essentielles pour le commerce mondial et, dans leurs profondeurs, ils détiennent la solution permettant de répondre aux besoins énergétiques actuels et futurs de l’humanité », déclarait le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, dans son message pour la Journée mondiale des océans, célébrée le 8 juin dernier.

L’environnement a toujours été au cœur des préoccupations de Rogers depuis sa création il y a plus d’un siècle. Le groupe est d’ailleurs signataire du Global Compact, une initiative invitant les entreprises à s’engager volontairement à progresser sur dix principes universellement reconnus, dont l’application d’une approche de précaution aux problèmes touchant l’environnement, la prise d’initiatives pour promouvoir une plus grande responsabilité environnementale, ainsi que la mise au point et la diffusion de technologies respectueuses de l’environnement. La vision du Global Compact est d’œuvrer pour une économie mondiale plus stable et inclusive, qui bénéficierait aux personnes, aux communautés locales et aux marchés. Après une action concrète dans la lutte contre la pandémie du VIH/Sida de 2007 à 2013, dont les résultats probants ont été soulignés dans le United Nations Global Compact International Yearbook, le groupe a décidé de réorienter son engagement vers la responsabilité environnementale à travers la protection des écosystèmes côtiers terrestres et marins. À cet effet, une enveloppe de Rs 50 millions (environ € 1,2 million) est prévue sur cinq ans pour soutenir le programme « Respectons notre littoral ». Pour ce faire, Rogers appelle à une coopération plurisectorielle en accord avec le projet Maurice, île Durable et impliquant les services publics, le secteur privé, ainsi que des organisations non gouvernementales (ONG) et regroupements citoyens volontaires.

« La beauté de notre île avec ses pentes verdoyantes, son sable d’or et ses lagons turquoise est une des ressources principales du succès de notre nation. Rogers en est d’autant plus conscient que ses activités l’amènent à intervenir sous toutes les latitudes : sur terre et en mer. Le groupe aimerait donc apporter sa coopération dans un objectif de prévention. Stopper la dégradation de l’écosystème sur le littoral mauricien est un des grands chantiers du pays, et peut-être le plus complexe », a souligné la CSR Manager du groupe, Audrey d’Hotman de Villiers, lors de la présentation de l’initiative en février 2014.

La stratégie de Rogers s’oriente autour de trois grands axes, soit la sensibilisation de chaque citoyen sur son impact dans la dégradation des zones côtières, l’éducation aux bons gestes qui font la différence, ainsi que le soutien à des actions nationales et communautaires qui iront en ce sens. Pour les concrétiser, le groupe financera des projets d’ONG et groupes spécialisés et sollicitera la participation de son personnel à des actions de protection et de restauration. Chacune des entités du groupe a d’ailleurs choisi un domaine d’intervention proche de ses compétences ou activités.

Au niveau du Real Estate & Agribusiness, le Domaine de Bel-Ombre contribue déjà à la réhabilitation de la faune et de la flore endémiques du sud-ouest de l’île, notamment dans la réserve naturelle de Frédérica, à Case-Noyale et sur la Terre de 7 Couleurs. Grâce à l’expertise de la Mauritian Wildlife Foundation (MWF), des parcelles entières de forêt primaire ont ainsi été restaurées depuis 2009.

Le travail s’effectue également en partenariat avec des organismes publics depuis 2011 dans le cadre du projet de réseau d’aires protégées soutenu par le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD). Cette initiative a pour but d’étendre la couverture forestière et de renforcer l’efficacité de gestion du réseau d’aires protégées à l’île Maurice.

L’intervention sur ce projet consiste en la restauration et l’expansion de la biodiversité et des écosystèmes de zones forestières appartenant tant à l’État qu’à des propriétaires privés. Un des principaux aspects est l’élimination des espèces envahissantes qui étouffent les forêts et empêchent l’épanouissement de la flore endémique. « Nous avons déjà restauré une cinquantaine d’hectares dans le Parc national des Gorges de la Rivière-Noire, qui jouxte la réserve naturelle de Frédérica. Nous avons étendu l’action à travers une collaboration avec le Domaine de Bel-Ombre dans un objectif commun de restaurer nos forêts », explique Parmananda Ragen, Scientific Officer du National Parks & Conservation Service détaché sur ce projet pour coordonner l’élimination des espèces envahissantes.

« Nous apportons également un soutien technique en termes de stratégie, de marketing et de communication, ainsi que de renforcement des capacités, notamment en termes d’écotourisme », indique le responsable national du projet, Arvind Dookhun. Par ailleurs, le nombre de bras requis par l’industrie sucrière ayant décliné ces dernières années, cette initiative offre également l’avantage de proposer de l’emploi alternatif à des laboureurs auparavant employés dans les champs de canne à sucre. Avec un taux actuel de conservation d’environ 8 %, tous deux se disent confiants d’atteindre l’objectif 11 de la Convention d’Aichi, qui préconise notamment la conservation, d’ici à 2020, d’au moins 17 % des zones terrestres, « y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes, au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées efficacement et équitablement ».

De son côté, Rogers Aviation est engagé dans la prévention de la pollution côtière et marine. Les initiatives prévues incluent la sensibilisation du personnel et des clients au recyclage, ainsi que l’éducation de la jeunesse à la protection de l’environnement, dont très bientôt un projet de plantation de mangliers entrepris par des jeunes soutenus par l’ONG ELI Africa.

Le pôle Technology, par le biais d’Enterprise Information Solutions, contribue pour sa part à réduire les déchets électroniques tels que les batteries, téléphones portables, ordinateurs ou imprimantes hors d’usage. Pour ce faire, il entreprend une action de sensibilisation et d’information sur les options de recyclage disponibles. Dans cette optique, une autre équipe de jeunes soutenue par ELI Africa construira un « arbre solaire » afin d’alimenter partiellement leur école en énergie propre.

Le pôle logistique, Velogic, contribue au développement social et communautaire de la zone portuaire. Il offre une deuxième vie aux containers qui débarquent dans l’île, construit des logements sociaux et rend ses locaux plus verts grâce à des démarches telles que le recyclage du papier, du plastique, de l’huile, ou encore des palettes en bois.

Veranda Leisure & Hospitality, qui comprend les établissements Veranda Resorts et Heritage Resorts, s’attelle à la protection de la vie marine et des communautés locales par des campagnes de sensibilisation et d’éducation. Les personnes concernées sont également encouragées à recycler et à trouver des solutions innovantes pour la réutilisation de leurs déchets. Un autre volet du plan d’action est le renforcement de partenariats avec des organismes réputés et associations de protection de l’environnement, dont les ONG. Chaque projet financé, dont le premier concerne la protection de tortues de mer (voir hors-texte à la page 30), est accompagné d’un volet de sensibilisation du grand public aux enjeux de la biodiversité.

L’importance de l’éducation à l’environnement est reconnue par diverses instances internationales. D’où la mise en œuvre du projet-phare du programme, une « Mobile Education Unit », avec pour partenaire principal l’ONG Reef Conservation. Cet autobus éducatif mettra les sciences marines et la problématique environnementale à la portée du grand public et des jeunes scolarisés à travers une exploration et une découverte ludiques et pédagogiques. Fonctionnant comme une « classe sur roues », il est équipé d’outils interactifs et propose des présentations ludiques, ainsi que du matériel de laboratoire pour accompagner l’expérience éducative. L’équipe de l’ONG chargée de mener le projet sur cinq ans apportera ses connaissances et ses activités dans les écoles, centres communautaires et centres commerciaux, ainsi que sur les plages publiques et lieux de travail où elle sera invitée. Pour mesurer l’efficacité et la pertinence de toutes ces actions, un sondage de base a été entrepris sur le niveau actuel des « connaissances, attitudes, comportements et perceptions ». Le groupe cible sera questionné à nouveau à mi-parcours afin d’évaluer les progrès accomplis dans la sensibilisation et l’éducation, mais encore plus dans les changements des comportements à la maison, au travail et dans la société. Si nécessaire, des ajustements seront apportés au plan d’action initial afin d’atteindre les objectifs fixés.

À terme, cet engagement devrait permettre de mieux comprendre la fragilité du littoral et de contribuer à sa préservation en assurant une bonne gestion de l’environnement, ainsi que la pérennité des écosystèmes.

Arvind Dookhun, Responsable du projet PAN.
Défilement vers le haut