Jusqu’au XVIe siècle Maurice figurait au cœur des routes commerciales vers l’Asie. Au XXIe siècle, ce positionnement est encore consolidé alors que Maurice devient un centre financier international de haute réputation, se transformant rapidement en plateforme d’investissement entre l’Afrique et l’Inde. Basée sur une solide démocratie depuis son indépendance en 1968 et disposant d’un système légal qui inclut le Conseil Privé de la Chambre des Lords en Grande-Bretagne comme cour d’appel ultime, Maurice offre la stabilité politique et l’assurance juridique requise par les investisseurs internationaux.

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Aces atouts, s’ajoutent la reconnaissance positive par l’Organisation de Coopération et Développement Economique (OCDE) ainsi qu’un cadre réglementaire compétent et incitatif pour l’investisseur. Plus de 40 % des investissements étrangers directs vers l’Inde passent par Maurice et un volume croissant d’investissements vers l’Afrique utilise Maurice comme plateforme. Des groupes bancaires internationaux de renom sont bien représentés sur le sol mauricien pour bénéficier de son positionnement favorable en termes de fuseaux horaires et de ses liens culturels avec l’Europe et l’Asie, ainsi que de sa politique monétaire raisonnable, libre de contrôle de change. Ces atouts ont fait de Maurice un centre international financier important dans l’hémisphère sud.

Percy S. Mistry est économiste international, auteur, businessman, banquier à l’investissement, conseiller à la Banque Mondiale et auprès du gouvernement indien ainsi que fondateur de l’Oxford International Associates, une firme-conseil dans l’investissement et les finances. Nous lui avons demandé de communiquer son point de vue sur le développement de Maurice en tant que centre financier international. Le texte qui suit est extrait d’un article soumis par Percy Mistry pour publication.

Maurice un centre financier international pour le XXIe siècle

« L’émergence de Maurice en tant que centre financier international (IFS) crédible, réputé et fournissant une vaste gamme de services internationaux financiers (IFS) a été largement documentée. Sa croissance depuis ses débuts modestes en 1992 est indéniablement impressionnante. Ayant pour moteur les services orientés vers l’exportation à l’intention de la communauté engagée dans l’investissement global, le secteur des services financiers (incluant les services financiers internationaux) peut s’enorgueillir aujourd’hui de représenter plus de 12 % du Revenu Intérieur Brut (RIB) de Maurice comparé à un peu moins de 3 % du RIB en 1992. Si les prévisions se vérifient, le secteur des services financiers pourrait atteindre les 15 % ou plus du RIB en 2015. Le principal attrait de Maurice en tant qu’IFC repose sur les traités d’imposition avec les pays tiers.

Percy S. Mistry

L’expertise locale a évolué vers l’administration des fonds d’investissement par des compagnies de gestion mauriciennes (MCs). En effet, un règlement stipule que les fonds sur Maurice doivent avoir des administrateurs locaux, de même que des gestionnaires de liquidités. Ces fonds sont principalement axés sur l’investissement en titres listés ou échangés sur les marchés voisins émergeants et les marchés de pays développés. Mais les services financiers offerts par ces compagnies de gestion mauriciennes incluent également un investissement direct à travers des Special Purpose Vehicles (SPV) et des joint-ventures par des clients Indiens et des clients du Sud-Est Asiatique (ASEAN) venant de Chine, d’Afrique du Sud et d’Indonésie. Hormis ces services corporatifs, Maurice attire une part de marché encore relativement petite mais tout de même croissante, pour ce qui est du Private Banking et de la gestion des fortunes menée par les managers de portfolios pour le compte de personnes à fort potentiel économique (High Net-Worth Individuals – HNWIs), les montants et les bénéfices placés à Maurice figurant sous l’administration des compagnies de gestion.

Même si les traités d’imposition représentent le fondement de l’industrie des services financiers internationaux, les compagnies de gestion mauriciennes se trouvent en compétition directe avec d’autres services internationaux ainsi que des centres financiers locaux, pour les affaires générées par ces traités dans ces pays. Cette compétition les a donc forcés à élargir leur réservoir de compétences en recrutant à l’étranger, en envoyant leur personnel en formation auprès de firmes étrangères et en investissant dans des programmes de formation continue et de développement professionnel à l’intention de leurs équipes.

L’utilisation pointue des traités d’imposition est largement prise en compte pour l’investissement étranger direct de Maurice vers l’Afrique et l’océan indien, ex : Madagascar et Mozambique. La gestion financière et la structuration exercées par les compagnies de gestion mauriciennes et les banques est devenue de plus en plus sophistiquée, résultant de l’avancée du savoir-faire en finances internationales sur le marché local des capitaux. Les produits locaux en investissements sont devenus également plus performants et les techniques de gestion des actifs se sont considérablement améliorées. La réglementation de la Bourse de Maurice (SEM) a été revue pour encourager le listage de fonds offshore en intégrant les meilleures pratiques globales aux protocoles de la Bourse et ses réglementations de listage.

Maurice est bien située pour se poser en fournisseur de services en Private Banking et Wealth Management (PBWM) envers les entrepreneurs émergeants de l’Inde, du Sud-Est Asiatique (ASEAN) et de Chine (dont les HNWIs sont aussi desservis par Hong Kong et Singapour). Les HNWIs de la région du Golfe sont plus susceptibles d’être desservis par les banques à dimension globale opérant d’Abu Dhabi, Dubaï, Bahreïn, Koweït, Mascate et Doha. Mais agissant différemment des autres centres, Maurice pourrait se spécialiser dans la création de porte- feuilles d’investissements Africains pour ce type de clientèle, surtout que l’Afrique présente maintenant la dernière frontière de marché émergeant n’ayant pas atteint sa maturité. Le rassemblement de HNWIs, vaste et croissant en Asie, se révèlerait plus intéressant à exploiter pour Maurice que les HNWIs des pays de l’OCDE, recélant les vieilles fortunes déjà gérées par d’autres IFCs bien établies. Le domaine des assurances et de la réassurance est un autre secteur IFS pouvant offrir des opportunités intéressantes pour Maurice. Il est improbable que les compagnies d’assurances internationales utilisent Maurice comme un centre d’assurances régionales pour l’Afrique ou pour la gestion des actifs. Elles seront plus susceptibles de se tourner vers l’Afrique du Sud pour ces fonctions. Mais les perspectives demeurent pour Maurice en s’inspirant du succès des Bermudes et des Caraïbes en tant que centre régional de réassurance internationale. Le commerce croissant à double sens sur les axes Inde-Afrique et Chine-Afrique devrait présenter plus d’opportunités en termes d’assurances (pour les marchandises et les navires qui les transportent), pouvant être saisies par des compagnies d’assurance basées à Maurice (qu’elles soient locales, régionales ou internationales), pour des raisons opérationnelles aussi bien que d’imposition. Les nouveaux produits (risques de catastrophes, cyclones ou assurances climatiques) représentent également des opportunités de croissance pour les IFS, à travers des compagnies d’assurances basées à Maurice. Celles-ci pourraient travailler en tandem avec des partenaires internationaux sur les analyses actuarielles de risques associés et offrir ainsi des produits d’assurance sur mesure pour les marchés africains, tout en exploitant les opportunités d’assurance créés par une interaction économique croissante Afro-Asiatique. »

Le point de vue et les observations de Percy Mistry sur la croissance et les opportunités à propos de Maurice sont fascinants et indéniables. Le groupe Cim constitue l’un des plus importants opérateurs de services financiers à Maurice et fait partie du groupe Rogers. En tant que tel, la compagnie est l’acteur principal dans le domaine de l’administration de fonds et de services internationaux corporate. Ceci lui permet d’offrir une proposition d’une valeur unique pour les investisseurs qui envisagent d’utiliser Maurice comme une plateforme d’investissement international.

Cim offre une chaîne intégrée de produits et services financiers incluant l’assurance, la gestion des actifs, le courtage, la gestion de fonds immobiliers, les services fiduciaires, les conseils pour l’impôt (Cim est membre du réseau international Taxand) et toute une gamme de produits en termes de crédit et de financement d’actifs.

Comprenant 14 compagnies actives dans les domaines cités plus haut, Cim se spécialise dans l’offre de services financiers intégrés. Toutes ces unités s’attachent à être des leaders dans leur domaine respectif. Les compagnies de gestion du groupe administrent des actifs de plus de $100 milliards pour le compte de compagnies internationales réputées et de premier ordre à travers le globe. Plus de 60 % des investissements directs étrangers sur la Bourse de Maurice est véhiculé à travers les services de courtage de Cim qui a été aussi la première compagnie gestionnaire d’actifs à obtenir une licence de Foreign Institutional Investor auprès de la Security Exchange Board en Inde. Cim Property Fund a été également la première compagnie commerciale en investissement foncier, établie et listée à Maurice. La branche de gestion de crédit de Cim est aussi le premier fournisseur de services financiers non bancaires à obtenir l’accréditation pour l’émission et l’acquisition de la Master Card dans l’Afrique Sub-saharienne.

VOIR PAR EXEMPLE:
Chapitre 3 dans The Export of Tradeable Services in Mauritius: A Commonwealth Case Study in Economic Transformation par Percy S. Mistry & Nikhil Treebhoohun, Secrétariat du Commonwealth, Londres 2009; et les Chapitres 6-9 dans Considering the Consequences: The development implications of initiatives on taxation, AMl and CFT par J. C. Sharman
et Percy S Mistry, Secrétariat du Commonwealth.Londres 2008. La croissance du secteur des Services Financiers Mauriciens est traité dans plusieurs rapports et documents
officiels du Gouvernement de Maurice, de la Banque de Maurice, de la Banque Africaine
de Développement, de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International.

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