Avec Rodrigues, un autre territoire insulaire mauricien situé à 650 kilomètres à l’Est de la métropole, le groupe Rogers entretient une relation historique et privilégiée. Aux liens vitaux du transport de denrées s’ajoute désormais ceux d’une aide pour l’éducation à la santé.

Entre Rodrigues et Rogers, on ne sait plus lequel des deux a pour l’autre les yeux de Chimène. Certes, au départ c’est moins une histoire d’amour que de commerce. Tout débute en 1932. Sous le pavillon de sa filiale Colonial Steamships Co Ltd, Rogers arme le M.V. Wajao. Avec ses 827 tonnes de capacité, c’est le plus gros navire de l’histoire à mouiller dans les eaux de Port Mathurin, à disposition des Rodriguais pour s’approvisionner à Maurice et y expédier une partie de leur production agricole.

Aujourd’hui, le groupe n’a plus de flotte mais conserve un rôle crucial pour les échanges entre les deux îles. Le lien, autant commercial que sentimental, s’établit à travers une entreprise de manutention qui s’appelle PAPOL & CS Ltd, pour Port Associated Portage Operations, Lighterage & Cargo Sevices Limited, et surtout comme Papol, surnom de Paul Elysée, un patriarche de l’île.

L’importance de son rôle s’exprime à chaque arrivée de cargo, événement qui rythme la vie de Rodrigues. L’escale, c’est synonyme de branle-bas de combat pour les 12 permanents en charge de l’empotage et dépotage des conteneurs, ainsi que des 72 dockers occasionnels en partie ou en totalité. Leurs activités de chargement et déchargement des cargos ressemblent à celle que doivent connaître, à l’approche du 24 décembre, les lutins en charge de remplir la hotte du Père Noël. Sauf que les petites mains du bonhomme en rouge et blanc ont la chance de pouvoir agir en toute discrétion. Pour les équipes de l’acconier, c’est sous le regard impatient des curieux que sont manipulés les seuls effets tangibles que partagent, avec le reste du monde, les 40 000 habitants de ce petit coin de paradis. Ambiance garantie.

Le lien qui unit Rogers et Rodrigues connaît de nouvelles formes d’expression en octobre 2007, quand Rogers s’engage dans la lutte contre le VIH/Sida auprès des jeunes Mauriciens et Rodriguais âgés de 15 à 24 ans. Depuis, en partenariat avec les ONG et le gouvernement, Rogers contribue à éduquer les jeunes mauriciens sur ces questions de santé et de sexualité. Suite à l’évaluation du travail accompli, il a été décidé cette année d’orienter l’action vers les adultes qui sont à même d’avoir une influence positive sur les jeunes. Des organisations, dont certaines sont de nouveaux acteurs dans la lutte contre le VIH/Sida, sont également soutenues techniquement par l’équipe de responsabilité de Rogers afin d’augmenter l’impact du message dispensé. C’est le cas du Rodrigues Public Services Workers Union. Le RPSWU, syndicat de la fonction publique, prépare une campagne de sensibilisation au VIH/Sida dans les cinq régions de Rodrigues à destination des parents. A travers son réseau, le RPSWU compte toucher plus de 1 500 adultes à travers des sessions de sensibilisation et des pièces de théâtre sur l’éducation des enfants afin de renforcer la communication au sein de des familles. Pour faire en sorte que les relations amoureuses à Rodrigues ne tournent pas à la tragédie.

Défilement vers le haut